« Cela n’envoie pas le bon signal pour notre Église »

Mgr Pierre-Yves Michel est évêque de Valence. Dans son diocèse, comme dans une quinzaine d’autres en France, des catholiques comptent se rassembler ce week-end sur le parvis des églises pour réclamer le retour de la messe publique.

Mgr Pierre-Yves Michel : J’ai pu parler aux organisateurs d’un rassemblement dans mon diocèse. Je partage leur tristesse et leur déception mais je ne soutiens pas leur initiative pour autant. Je pense qu’elle n’envoie pas le bon signal pour notre Église, qui, selon moi, doit prendre le chemin du service plutôt que celui de la confrontation. Je préférerais que les catholiques montrent qu’ils prennent leur part de souffrance en ces temps difficiles et qu’ils dépassent ce sentiment d’injustice. Dimanche, nous célébrerons la Journée mondiale des pauvres, je crois qu’il faut y voir un signe et une opportunité pour les chrétiens, pour comprendre où nous sommes appelés.

Comment les fidèles mobilisés prennent-ils le fait que leur évêque ne soutienne pas leur rassemblement ?

Mgr P-Y M. : Ces catholiques expriment quelque chose de fidèle et de beau, leur sincérité est réelle mais j’ai essayé de leur montrer une autre perspective. Sur le plan sanitaire, la situation est grave et cela explique que l’on accepte cette limitation temporaire de notre liberté de culte. Ensuite, ils savent que je suis vigilant et clair dans le dialogue avec les autorités. Les discussions continuent entre les cultes et l’État, c’est important de le souligner. Enfin l’accès aux sacrements n’est pas aussi limité que pendant le premier confinement, c’est essentiel de le souligner. En tant qu’évêque, de concert avec mes prêtres, je veille à proposer dans les paroisses des temps de permanence pour se confesser, des temps d’adoration, et à titre individuel, sur demande, il est possible de recevoir l’eucharistie.

Comment expliquez-vous cette mobilisation pour la messe ?

Mgr P-Y M. : Elle révèle des souffrances, des incompréhensions et plusieurs questions importantes, dont celle-ci : comment nous situer comme chrétiens avec nos convictions, dans un monde qui ne l’est plus ? Cette question se pose dans un contexte déjà sensible pour une partie des catholiques, qui croient percevoir une déconsidération de la spiritualité de la part des autorités civiles en général. En tant qu’évêque, j’essaie de montrer le chemin du Christ, qui a accepté des injustices et marché résolument vers la Passion.

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