Petit clin d’œil de la communauté oblate de Nice

Covid-19, Toit pour toi-20, Année-21

Les Missionnaires Oblats et le 17 février

 

            Hier

 17 février 1826. Une date importante pour la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Il y a 195 ans, notre famille religieuse recevait, officiellement, l’approbation pontificale des Constitutions et Règles, par Léon XII. Le fondateur, Eugène de Mazenod, avec ses premiers compagnons osaient, avec audace et zèle, la mission annonçant la Bonne Nouvelle et se mettant au service des pauvres aux multiples visages.

 

            COVID-19

 Dans la lettre à tous les Oblats dans le monde, le Supérieur Général, père Louis Lougen, encourage ses confrères : « Cette année, le 17 février tombe le mercredi des Cendres, et nous célébrerons notre jour de fête le mardi 16 février. Partout dans le monde, marqué par la pandémie, nous nous rassemblerons du mieux que nous pourrons, afin de remercier Dieu pour la grâce de notre vocation. Le virus COVID-19 a été l’occasion de découvrir le charisme oblat, avec sa grande flexibilité et de nous concentrer sur les besoins urgents de la population, nous montrant à la hauteur de la situation, avec un zèle sans mesure. Les Oblats ont innové dans leur ministère ainsi que dans la façon d’aider de nombreuses personnes dans leurs besoins matériels. »

 

« Comme les pauvres et toute l’humanité, nous avons aussi souffert des mêmes exigences sanitaires et de la même précarité de la vie. (…) Nous aussi, nous avons contracté la Covid-19, et un nombre considérable de frères et sœurs qui vivent le charisme oblat sont morts. (…) Nous pouvons nous estimer heureux de trouver, comme faisant partie de notre charisme, la flexibilité missionnaire et l’adaptation, alors que nous envisageons de nouvelles approches pour notre vie et notre ministère. (…) La pandémie nous aide à voir plus clairement ce qui est essentiel dans la vie. L’Esprit nous parle dans les signes des temps de cette pandémie et enrichit notre vie missionnaire. »

 

            Toit pour toi-20

 Il s’agit de l’Association fondée en 2010, il y a 11 ans à Nice par deux oblats – Grzegorz Skicki et Jacques Langlet – pour accueillir et offrir un logement temporaire aux jeunes en difficulté et à la recherche d’insertion dans la société. En faisant la rétrospective de l’année 2020, nous avons accueilli 20 jeunes résidents (16 hommes et 4 femmes) dont un seul jeune refugié.

 

Malgré la situation sanitaire complexe, à cause de la pandémie : une période de long et strict confinement puis d’un court et souple re-confinement, d’un premier couvre-feu à partir de 20h puis d’un autre à partir de 18h, etc., notre maison est toujours restée ouverte et prête pour l’accueil des jeunes venant du monde entier.

 

Les 13 nationalités différentes des 20 jeunes hébergés – 8 places en tout et pour une période maximale de six mois – constituent un véritable mélange et brassage de cultures et de religions et/ou croyances : Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo, Mali, Ethiopie-République de Djibouti, Comores-Madagascar, Bangladesh, Afghanistan, Russie, Albanie, France-Honduras, Italie-Tunisie et France.

 

Leur âge moyen était entre 18 et 25 ans. Au cours de l’an 2020, 15 jeunes sont partis, après une formation professionnelle et l’apprentissage d’un métier ; 8 ont trouvé un logement durable, 5 un hébergement provisoire, 2 sont partis vers une destination inconnue. Comme d’habitude, chaque jeune non seulement a fait l’effort de respecter la charte de l’Association mais a eu la possibilité, à tour de rôle, de préparer le repas pour tout le groupe (10 personnes). Malgré les restrictions, aucun problème de santé, heureusement, et tout le monde a essayé de faire attention pour le bien de tous.

 

            Année-21

 Dans le message « Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32) pour la 4ème Journée Mondiale des Pauvres – le 15 novembre 2020 – le Pape François exhortait les hommes et les femmes de bonne volonté : « Tendre la main fait découvrir, avant tout à celui qui le fait, qu’existe en nous la capacité d’accomplir des gestes qui donnent un sens à la vie. Que de mains tendues pouvons-nous voir tous les jours ! Malheureusement, il arrive de plus en plus souvent que la hâte entraîne dans un tourbillon d’indifférence, au point que l’on ne sait plus reconnaître tout le bien qui se fait quotidiennement, en silence et avec grande générosité. (…) Les mauvaises nouvelles abondent sur les pages des journaux, sur les sites internet et sur les écrans de télévision, au point de laisser croire que le mal règne en maître. Pourtant il n’en est pas ainsi. Certes, la méchanceté et la violence, l’abus et la corruption ne manquent pas, mais la vie est tissée d’actes de respect et de générosité qui, non seulement compensent le mal, mais poussent à aller au-delà et à être remplis d’espérance. » (n. 5).

 

Dès le début de l’Association « Toit pour toi », les Oblats de Nice ont voulu vivre la mission avec les laïcs en respectant la vocation et le rôle de toute personne, en valorisant les talents et le savoir-faire selon les compétences de chacun. Le groupe des adhérents et bénévoles (hommes et femmes) de l’Association compte une vingtaine de personnes.

 

En 2020, cinq dames retraitées du groupe, si dévouées et actives, ont préparé et réalisé 300 pots de confitures de 6 goûts différents : oranges amères, kumquat, prunes, abricot, figues et mirabelle ; tous vendus au profit de l’Association.

En 2021 qui vient de commencer, ces vaillantes femmes ont déjà confectionné 277 pots de confitures, de quoi adoucir un peu notre vie et celle de beaucoup d’autres aussi… ! 

 

« Tendre la main est un signe : un signe qui rappelle immédiatement la proximité, la solidarité, l’amour. En ces mois où le monde entier a été submergé par un virus qui a apporté douleur et mort, détresse et égarement, combien de mains tendues nous avons pu voir ! (…) La main tendue du bénévole qui secourt ceux qui vivent dans la rue et qui, en plus de ne pas avoir un toit, n’ont rien à manger. La main tendue des hommes et des femmes qui travaillent pour offrir des services essentiels et la sécurité. Et combien d’autres mains tendues que nous pourrions décrire jusqu’à en composer une litanie des œuvres de bien. Toutes ces mains ont défié la contagion et la peur pour apporter soutien et consolation. » (n. 6).

 

Actuellement, seulement trois oblats œuvrent à Nice : Martin Kedah, d’origine camerounaise, recteur au sanctuaire du Sacré-Cœur, Mariusz Lorenc, d’origine polonaise, et moi-même, Alfonso Bartolotta, d’origine italienne ; tous les deux nous vivons avec les jeunes tout en gérant l’Association.    

Nous sommes bien convaincus qu’il nous faut de la patience face à la complexité de la vie pour les jeunes dans le contexte actuel de la société à la fois européenne et internationale. À présent, nous accueillons 7 jeunes (5 hommes et 2 femmes) venant de 6 différents pays. Nous essayons de faire tout simplement de notre mieux et en collaborant avec les autres, en dépensant des énergies et du temps pour essayer de comprendre leurs rêves et leurs fragilités. Le séjour dans notre structure, l’effort de notre présence et notre soutien peuvent les encourager et les aider à grandir pour un avenir meilleur.

 

« Tends la main au pauvre, est donc une invitation à la responsabilité comme engagement direct de quiconque se sent participant du même sort. C’est une incitation à prendre en charge le poids des plus faibles, comme le rappelle saint Paul : « Mettez-vous, par amour au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (…) Portez les fardeaux les uns des autres » (Ga 5,13-14 ; 6,2). (n. 8).

 

En conclusion, je trouve fortement interpellant cette réflexion : « Nous devons nous demander si nous aussi nous sommes pris dans le débat autour du « retour à la normale »ou de l’arrivée d’une « nouvelle normalité », etc. Cela ne tient pas compte de la réalité, car la majorité des gens dans le monde n’ont jamais connu ce concept de « normalité » dont on parle. Les gens auprès desquels nous travaillons dans le monde entier, vivent sans eau, sans le minimum vital, sans soins médicaux, etc.  La pandémie doit ouvrir les yeux du monde sur cette grande injustice selon laquelle la majorité des gens sur terre n’ont jamais connu une vie dite « normale ». (Père Louis Lougen, omi, Supérieur Général).

 

Alfonso Bartolotta omi

Nice, le 17 février 2021

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