Qu’ai-je appris de ces mois difficiles ?

(Je parle au singulier parce que je ne prétends pas interpréter l’humanité et parce que l’apprentissage est un processus collectif, résultat du partage d’expériences et de croyances).

L’épidémie a fait fonction de loupe. Nous avons finalement eu le temps de nous arrêter et de nous regarder, au-dedans et autour. Et c’est déclenché un « plus« . Les « méchants » se sont devenus plus méchants : ils y ont vu moment propice pour accentuer l’usure, la violence, l’organisation criminelle, l’égoïsme. Les « bons » sont devenus meilleurs : une attention inattendue ‘c’est déclenché en eux pour ceux et celles qui sont dans le besoin, une plus grande générosité et un altruisme spontané, créant autour d’eux un réseau dense d’entraide. Nous avons également découvert, avec joie, qu’il y a bien plus de bons que de méchants. Le tout sans fausses manichéismes, car la frontière entre le bien et le mal passe dans le cœur de chacun.

La calamité ne vous améliore pas automatiquement. Lorsque le livre de l’Apocalypse décrit les grandes catastrophes qui ont frappé l’humanité, il dit que celle-ci ne s’est pas convertie des meurtres, de la sorcellerie, des vols, au contraire, « les hommes ont blasphémé Dieu à cause des fléaux« .

Etre « plus-bon » (= meilleur), ça s’apprend (désolé pour l’utilisation de ce mot, « bon« , qui fait un peu démodé, mais qui est simple et immédiatement compréhensible, et qui n’a rien à voir avec « débonnaire« , qui est une caricature de celui-ci).

Apprendre de ce que nous avons vécu à :

cultiver l’intériorité, avec des rythmes plus détendus, moins frénétiques, car pour être efficace, toute action doit provenir du silence, de l’écoute de « cette voix » qui parle à l’intérieur, du dialogue ;

soigner les relations, surmonter la méfiance née de cette période, dans la conscience que la vie ne se réalise que dans un amour qui s’ouvre à la communion et au don ;

nous rendre proches et être responsables, de manière efficace et créative, envers les personnes en difficulté et pas seulement sur le plan économique ;

rendre essentielle la consommation, découvrir la richesse de la sobriété.

« Tout ira bien« , répétions-nous comme un slogan plein d’optimisme.

Peut-être que le dicton que Paul de Tarse a suggéré aux Romains serait plus approprié : « Tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu« , passant ainsi de l’optimisme à l’espérance.

 Traduit de l’italien, écrit par Fabio Ciardi, omi, et publié dans son Blog le mardi 07 juillet.

1 commentaire pour “Qu’ai-je appris de ces mois difficiles ?”

  1. Chantal Bernard-Bret

    Voilà une bonne idée que de traduire un texte du P.Fabio Ciardi… Depuis des années cet Oblat italien tient un blog alimenté chaque jour et d’une richesse inouïe: réflexions, récits, commentaires souvent illustrés de superbes photos !!!
    Seul petit problème pour ceux qui ne connaissent pas la langue de Dante, tout est en italien.
    Le traducteur du P.Fabio renouvellera peut-être cette « première » ???
    Espérons !

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