Sans prêtres, mais pas sans sacerdoce.

Dans cette période, les prêtres se rachètent d’une certaine torpeur. Lorsque les églises se sont soudainement retrouvées vides, le prêtres se sont peut-être demandé ce que signifiait leur ministère et ont été forcées de repenser leur mission et d’inventer quelque chose de nouveau, libérant une créativité inattendue.

Il ne s’agit pas seulement d’envoyer des célébrations liturgiques par streaming, mais d’un contact plus étroit – paradoxal en cette période de confinement – avec le peuple de Dieu qui leur est confié : des initiatives de catéchèse aux enfants, trouver des langues et des gestes appropriés comme en témoignent les nombreuses vidéos en circulation ; organisation de soins à domicile pour les personnes seules, pauvres, malades ou dans le besoin ; appels téléphoniques personnalisés …

Serait-ce là le début de la recherche de nouvelles formes de pastorale, recherche à continuer lorsque la pandémie prendra fin ?

Pour les laïcs aussi, cette période peut devenir un temps de grâce.

Ne pourrait-il pas devenir une belle occasion pour vraiment redécouvrir le sacerdoce des fidèles ? Peut-être nous sommes-nous trop ‘habitués’ aux sacrements, essentiels, bien sûr, indispensables à la vie chrétienne, personne ne remet cela en question.

Mais faire de la maison, de la famille et du quartier une église domestique est une autre chose

Le concile Vatican II nous le rappelle, quand il dit que dans la famille, « que l’on pourrait appeler l’Église domestique, les parents doivent être pour leurs enfants les premiers enseignants de la foi « .

Il a invité les chrétiens laïcs à « s’offrir comme une victime vivante, sainte et agréable à Dieu » et à « témoigner partout du Christ », exerçant ainsi « leur sacerdoce en recevant les sacrements, avec prière et action de grâces, avec le témoignage d’une vie sainte, avec abnégation et charité active » (Lumen gentium, 11).

 + « En recevant les sacrements« , tout d’abord. Nous en avons tous reçu au moins un, le baptême, et c’est précisément ce qui nous permet d’être « prêtres », même et surtout en l’absence de prêtres.

Pas de catéchisme dans la paroisse, mais ces jours d’enfermement forcée nous rappellent peut-être que la première catéchèse devrait être faite directement à la maison, par les parents, les grands-parents, les oncles …

Il y a la « grande prière » de l’Eucharistie, mais il y a aussi la prière du matin, la prière du soir, celle avant les repas, le chapelet … Ne pourrions-nous pas retrouver la prière domestique ?

L’offrande sacerdotale est beaucoup plus large et plus profonde, comme le rappelle le Concile, qui ne fait que reprendre les paroles de la Bible :

+ « s’offrir comme une victime vivante, sainte et agréable à Dieu ». La douleur de la séparation, du manque d’école, de l’insécurité économique, de la proximité peut-être jamais si proche et prolongée avec des malades, des personnes âgées, des personnes à domicile ayant des problèmes physiques et mentaux, n’est-ce pas la première et la plus grande offrande de notre sacerdoce ? Cela ne nous place-t-il pas dans une communion nouvelle et consciente avec l’offrande de Jésus le prêtre qui s’offre sur la croix ? Ne s’agit-il pas là de nos ‘croix’ ?

+ « témoigner du Christ partout ». Peut-être jamais comme de nos jours les gens sont prêts à écouter et ils ont besoin d’être écoutés, ils recherchent quelque chose d’essentiel et de vrai. Pourquoi ne pas profiter de notre expérience évangélique… ce en quoi nous croyons ?

+ exercer notre sacerdoce « avec le témoignage d’une vie sainte, avec abnégation et charité active« . Peut-être pourrons-nous découvrir notre dimension sacerdotale dans le travail hospitalier, dans les personnes les plus humbles qui assurent les services sociaux essentiels, en étant attentifs aux plus nécessiteux …

Devrons-nous attendre de retourner dans nos églises pour exercer notre service sacerdotal ?

Nous espérons retourner vite à l’église, et plus nombreux qu’auparavant, et retrouver la beauté et la préciosité de l’Eucharistie, de la communauté chrétienne, du service des prêtres …

En attendant, nous pouvons apprendre à exercer notre réalité de prêtres avec une créativité jamais expérimentée auparavant .

Qui sait combien d’expériences positives pourrons-nous partager !

Vendredi 3 avril 2020

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