Topo sur la prière

Le Père Bonga avait préparer ce topo pour la Frat-Mazenodienne en septembre 2020. Nous espérons que pourrez en profiter.

Le combat contre les Amalécites

« Les Amalécites vinrent attaquer Israël à Rephidim. Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des guerriers et demain tu iras combattre les Amalécites. Moi, je me tiendrai au sommet de la colline, avec le bâton de Dieu à la main. Josué se conforma aux instructions de Moïse. Il alla combattre les Amalécites, tandis que Moïse, Aaron et Hour montèrent au sommet de la colline. Or, lorsque Moïse levait la main, Israël avait l’avantage dans la bataille, et lorsqu’il la laissait retomber, Amalec l’emportait. Comme les bras de Moïse se fatiguaient, Aaron et Hour prirent une pierre qu’ils placèrent sous lui pour le faire asseoir dessus, et ils lui soutinrent les bras, chacun d’un côté ; ainsi ses bras tinrent ferme jusqu’au coucher du soleil, et Josué remporta la victoire sur les Amalécites à la pointe de l’épée. »

La figure de Moïse est un modèle d’homme de prière. La bible nous parle d’une amitié personnelle et intime entre Dieu et Moïse, « Dieu parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. » (Ex. 33 :1-17.) Moïse est un homme de Dieu, un homme de prière, un ami intime de Dieu.

Dans l’épisode de la bataille contre Amalec, nous voyons Moïse debout sur la colline avec les mains levées ; mais à chaque fois, à cause du poids, les mains retombaient, et dans ces moments le peuple avait le dessous ; alors ses amis soutenaient ses mains levées, jusqu’à la victoire finale. En lisant ce récit, nous comprenons l’importance et la force de la persévérance dans la prière personnelle et communautaire. C’est grâce à cette prière que le peuple a pu triompher dans sa lutte contre ses ennemis.

Comme Moïse, nous pouvons avoir parfois la tentation de baisser les bras, de nous décourager, d’arrêter de prier. La fatigue est inévitable, parfois nous n’en pouvons plus, mais avec le soutien des autres, notre prière peut aller de l’avant.

L’engagement de la vie chrétienne demande de nous soutenir les uns les autres. Nous avons besoin les uns des autres sur le chemin de la foi, nous avons besoin d’une communauté !

Il y a une très belle prière que j’aime beaucoup, on la récite chaque fois quand on célèbre l’Eucharistie, « Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » ; ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église… »

C’est-à-dire, nous ne sommes pas seuls, nous faisons partie d’un Corps ! Nous sommes membres du Corps du Christ, l’Église, dont les mains sont levées jour et nuit vers le ciel grâce à la présence du Christ ressuscité. Et seulement avec les autres et grâce à la prière des autres, nous pouvons rester fermes dans la foi et dans le témoignage.

Oui, il arrive qu’à un moment nous soyons fatigués de prier parce que rien ne semble se passer. Il arrive que nous soyons tentés d’arrêter la lutte parce que l’opposition semble l’emporter, quand on ne voit que ce qui va mal, quand on est dégoûté et découragé. Voilà un des pires ennemis de la foi, le découragement.

C’est vrai, chacun de nous se décourage. Moi aussi je me décourage face à toute cette souffrance, quand je vois tout le mal, quand je me sens impuissant en écoutant les épreuves des personnes qui viennent me parler, quand elles me disent : « mon père, je prie, mais j’ai l’impression de ne pas être exaucé. »

Dans la vie chacun de nous traversera des moments de découragement où le futur semblera incertain. Cependant, « Prier ce n’est pas se réfugier dans un monde idéal, ce n’est pas s’évader dans une fausse quiétude égoïste. Au contraire, prier c’est lutter, c’est laisser l’Esprit Saint prier en nous. C’est l’Esprit Saint qui nous enseigne à prier, qui nous stimule quand on est découragé, qui nous fait prier comme des enfants. »

La prière nous aide à faire face aux événements de la vie, tout en sachant que même pendant les périodes les plus difficiles, Dieu nous accompagne dans notre pèlerinage de la vie.

La prière est la force du chrétien et de toute personne croyante. Qu’il soit clair pour nous tous, que, sans la prière, nous ne pouvons rien faire. La prière assidue est une grâce à invoquer, c’est un don gratuit de Dieu. Que le Seigneur nous accorde la grâce de persévérer dans la prière !

Le disciple ne peut vivre sans avoir un rapport vital, personnel, authentique et solide avec le Christ. La prière quotidienne, le contact quotidien avec la Parole de Dieu, la participation assidue aux Sacrements, en particulier à l’Eucharistie et à la réconciliation, sont pour chacun de nous l’aliment vital.

Entretenir la relation – la prière, l’Oraison, l’écoute, Prière d’Alliance

Comme toute relation humaine, la relation avec Dieu a besoin d’attention et d’être entretenue. C’est dans la prière, l’oraison et l’écoute que cette relation est nourrie.

La prière est essentielle dans la vie chrétienne. La prière dit l’attachement de la relation entre l’homme et Dieu. Elle est l’expression de l’amour de Dieu en chaque homme. Pour les chrétiens, une vie sans prière prend le risque de devenir aride.

Le catéchisme de l’Eglise Catholique en parlant de la prière comme don de Dieu nous offre deux définitions selon Thérèse de l’Enfant Jésus et Jean Damascène : « La prière c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie (Ste. Thérèse de l’Enfant-Jésus).  « La prière est l’élévation de l’âme vers Dieu ou la demande à Dieu des biens convenables. (Jean Damascène) » (Catéchisme de l’Église Catholique n° (2558-2560))

Avant d’être une série de pratiques et de formules, avant d’être l’accomplissement d’actes de culte ou la prononciation de paroles, la prière est une attitude intérieure, une manière d’être devant Dieu. La prière a son centre et plonge ses racines au plus profond de la personne. En effet, la prière est une « grâce » à invoquer, un don de Celui à qui nous nous adressons.

« L’homme de tous les temps prie car il ne peut faire moins que de se demander quel est le sens de son existence, qui reste obscur et décourageant, s’il n’est pas mis en relation avec le mystère de Dieu et de son dessein sur le monde. Le désir de Dieu inscrit dans le cœur de chaque homme trouve son accomplissement et sa pleine expression dans la prière. » (Pape Benoît XVI Audience Générale, mercredi 11 mai 2011)

Entretenir notre relation avec Jésus est un appel à descendre au niveau du cœur. Nous ne rencontrons pas quelqu’un seulement avec notre intelligence, mais aussi avec notre cœur. Le cœur, centre de mon affectivité, centre de mes décisions, lieu de mon véritable engagement. Prendre le temps de descendre dans mon cœur pour découvrir ce qui l’habite. Cela nous amène à prier à partir de notre réel, du concret de notre vie et de notre être et non pas à partir d’une idée préétablie de la prière et de son contenu. Partir de ce qui habite mon cœur pour le présenter au Seigneur, avec souplesse sans m’y enfermer.

Le cœur, c’est le lieu de l’exercice de ma liberté. Le cœur, c’est le sanctuaire du dialogue entre Dieu et l’homme. L’oraison, c’est une prière qui jaillit du cœur. Dieu regarde le cœur, comme le dira sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : « Regarde ! Il te regarde ». C’est ce regard et le dialogue cœur à cœur avec Jésus qui nourrit la relation avec Lui. Dans les exercices spirituels, Saint Ignace appelle ce dialogue, le colloque. « Le colloque se fait, proprement, en parlant comme un ami parle à un ami ou un serviteur à son seigneur ; tantôt demandant quelque grâce, tantôt s’accusant d’avoir fait quelque chose de mal, tantôt faisant part de ses affaires et demandant conseil à leur sujet. » (Exercices spirituels n° 54)

Prendre le temps de l’oraison, c’est prendre le temps de laisser des activités qui peuvent être bonnes, très bonnes même, pour être avec Dieu, pour se laisser aimer. C’est un temps gratuit donné à Dieu. Il faut “choisir” de faire oraison. Il faut décider de cesser ces activités pour une activité placée sur un autre registre.

Faire oraison, c’est non seulement quitter, cesser ces activités, mais c’est vivre à un niveau théologal. Prendre conscience que cette rencontre avec Dieu ne peut se vivre que dans la Foi, l’Espérance et la Charité. Il nous faut plonger au niveau théologal. (Cf. Ciardi Fabio. Dictionnaire des valeurs oblates, 2005. Vol.1)

L’écoute est un des éléments indispensables pour entretenir la relation. Dans la prière, l’écoute a un rôle important, cela nous permet de laisser tomber ce qui nous occupe pour donner tout son temps à l’Autre. « Ecouter, c’est se faire l’hôte de l’hôte qui vient. L’hôte ne demande rien à celui qu’il reçoit, il parle ou se tait selon ce qui lui paraît le gré de l’autre. L’hospitalité est discrète. Elle se borne à donner au voyageur de quoi subsister en la halte nécessaire. L’écoute est l’hospitalité intérieure. » (Cf. Extraits Maurice Bellet. L’écoute, DDB 1989)

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